lire des-livres


 

Qu'est-ce qu'on a fait de la grande échelle ? 1️⃣

 


Fahrenheit 451. C'est la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Fahrenheit 451. C'est l'adaptation cinématographique de François Truffaut 2️⃣ Et de Bahrani 3️⃣ J'ai moins aimé. Fahrenheit 451. C'est ce chef-d’œuvre de Ray Bradbury 4️⃣ écrit à l'époque où l'on parlait plus volontiers de science-fiction ou roman fantastique. On appelle toujours ce genre littéraire science-fiction. Mais on lui préfère son sous-genre : la dystopie. J'aime moins le « dys ». Négation, malformation, difficulté ... Lorsque j'ai été invitée à découvrir ce livre, on m'aurait parlé de dystopie, je ne sais pas si le terme aurait éveillé ma curiosité. Alors que "science-fiction" ... De l'importance des mots pour donner le goût. Lorsque j'ai finalement lu ce livre, toutes ses idées me semblaient sortie d'une imagination florissante. Comprendre que mon jeune esprit ne pouvait concevoir un futur à cette image. Je n'y réfléchissais d'ailleurs pas. La science-fiction était ce qui n'arriverait jamais. Et puis j'ai commencé à lever le nez de ce genre d'écrits pour m'apercevoir que, brûler des livres, c'est une des constantes de l'Histoire. L’Égypte, Rome, les nazis, l'Espagne franquiste, la Chine … L'autodafé, « l'acte de foi », la cérémonie de pénitence publique de l'homme puis, par extension, l'action de détruire par le feu le livre ou le manuscrit (manu scriptus « écrit à la main »), n'était pas fiction. Diantre. Le livre, ces livres dont je m'entourais amoureusement pour combler un vide adolescent (version pas glop), dont se délectait ma créativité naissante (version glop glop), ce livre était donc objet sacré et parfois interdit ? Je m'y plongeais d'autant plus avec délectation. L'acte de lire deviendrait-il un jour acte de rébellion ? M'enfin !? Comme lançait Gaston.

Clarisse : Je ne comprends pas pourquoi on les lit, puisque c'est si dangereux !

Montag : Précisément, parce que c'est défendu.

- Mais alors, pourquoi est-ce défendu ?

- Parce que les livres ne font que du mal.


You are for me formidable 5️⃣


Dernièrement (je dis des bêtises : mes antennes clignotent depuis que le livre de Orwell, 1984, refait surface dans nos esprits), dernièrement, quand même, je ressens du danger autour de cet objet indispensable qu'est le livre. De fait, j'ai envie de le mettre à l'honneur dans cette bafouille bloggistique. Et démontrer pourquoi il est indispensable. Indispensable ? Serait-ce là, la cause de son non-essentialité non exprimé ouvertement ? (version pas-glop en mode confinement)

<  interlude >

photo de Gréco, ma compagne confinée qui ne tourne plus très rond : elle s'installe de longs moments

sur cette planche à découper et surveille les alentours ainsi perchée. Ici, des feuilles de choux ( !? )

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📚 Ô toi le Livre, tu stimules le cerveau

Je n'annoncerai rien de nouveau en écrivant que garder son cerveau actif l'empêche de perdre ses capacités. Lire fait partie de cet intellectual stimulus. Parfois, c'est joli de l'écrire en anglais 😁 Pour ne donner qu'un argument en ce sens, le neurologue Jean-François Dartigues 6️⃣ chercheur à l'Inserm, estime que l'acte de lire retarderait le déclin cognitif caractéristique de la maladie d'Alzheimer.

📚 Ô toi le Livre, tu m'empêches de stresser

Dans cette liste non exhaustive d'arguments, je pense que j'aurais pu le mettre en première position. Actuellement, tout le monde, enfin, je suppose, court après son petit « truc et astuce » pour être Zen soyons Zen. Pour certains, ce sera le sport, pour d'autres la musique, le yoga, la pétanque, la pâtisserie … Un mix de tout ça … De mon côté, je prends un bouquin et j'ouvre la porte vers une certaine quatrième dimension.

⚠️ Mais attention ! ⚠️ Il existe différentes mises en scène et conditions favorables pour se lancer dans la lecture. Et chacune à des objectifs différents et procure des ressentis qui le sont tout autant :

🦷 lire en attendant son tour chez le dentiste, une manière pour que le temps passe plus vite voire de déstresser si on a dû mal avec le bruit de la roulette 😬 ;

🧻 lire aux toilettes, parce que, tant qu'à y être, autant s'occuper. Conseils d'experte : posséder 2 toilettes à son domicile ou avertir son petit monde que la place va être prise un certain moment. Vous éviterez les rouspétances voire les petits problèmes techniques chez les plus jeunes ;

🛌 lire au lit, avant de s'endormir, lire pour s'endormir. Une méthode 100 % naturelle qui demande toutefois une certaine organisation : ne pas se lancer dans la lecture d'un thriller, quitte à rencontrer l'effet inverse, choisir la bonne source de lumière, un livre pas trop lourd si vous tenez le livre au dessus de votre visage (ça peut être douloureux en cas de mouvement involontaire ou d'endormissement brutal), opter pour une texture non bruyante si vous partagez votre couche (vous éviterez l'immanquable : t'as pas bientôt fini ?), l'hiver, préférer un pyjama ou autre vêtement de nuit à manches longues : sans cela, le rafraîchissement des bras pose problème et déconnecte de l'histoire ; vous pouvez alors lire sous la couette mais le manque d'oxygène se fera ressentir tôt ou tard 🥵 ;

💬 lire à haute voix, pour partager un moment unique, pour exprimer toute la sensibilité d'un texte, pour améliorer sa diction … Pour faire un cadeau précieux à son enfant. Sans le vouloir vraiment, ou sans doute par reproduction de ce que j'avais vécu enfant, c'est ce que j'ai déposé dans le berceau de mes loulous, dès leur naissance. Mon fils aîné a su lire à l'âge de trois ans (véridique) sans que je m'en aperçoive : je lui avais donné le goût pour le livre, il en a fait sien. Mon fils cadet préférait le « raconte-moi une histoire avec la bouche ». Comprendre : ne la lis pas, invente-la. Lui aussi, fait partie de ces adultes qui ont toujours un - voire plusieurs - livre(s) en cours de lecture ;

Et enfin, et entre autres, ma mise en scène préférée :

🎭 lire dans son petit théâtre, peaufiné avec le temps : un divan confortable, un fauteuil bien moelleux, un hamac sous l'olivier … Des munitions de gâteaux (ou autres friandises du palais qui ne font absolument pas du bien à la silhouette mais qui subliment ce moment précieux), des coussins, une couette, un plaid, s'il fait frisquet … Des instants magiques qui font oublier virus, compte en banque, la voiture chez le garagiste … et tout autre tracas qui tourne parfois en boucle dans notre esprit.

📚 Ô toi le Livre, tu m'enrichis

Quand on lit, on se remplit de nouvelles informations. Parfois, on ne sait pas qu'elles nous seront utiles, plus tard. Et plus on a de connaissances, et mieux on est équipé pour affronter de nouvelles expériences. Quoiqu'il advienne dans notre vie, quoiqu'il nous arrive de terrible, d'imprévu, d'insurmontable sur le moment, n'oublions jamais ceci : si un jour je perds tout dans ma vie (emploi, biens, êtres chers, etc.) il y a une chose que l'on ne pourra pas me retirer : mon savoir, mes connaissances. Hormis si la maladie, telle Alzheimer, fait partie de ces pertes. En ce moment, je suis comme tout le monde. Enfin, comme la majorité de ce « nous » : un état d'esprit semi-flottant, entre incertitudes et espoirs. Le matin, je me réveille toutefois avec le sourire : je sais que ma journée va être enrichissante car je vais lire et apprendre. Apprendre et lire. Pour rappel (ou pour information), en parallèle des actions num.in.oc, je me suis lançais dans une nouvelle formation 7️⃣ Et toute action de formation professionnelle, lorsqu'elle est bien pensée en amont, est enrichissement personnel par, entre autres et encore, l'acte de lire. Mais ça, ça fonctionne pour vous ! Pourriez-vous me rétorquer. Certes. Toutefois, je pense sincèrement que notre monde actuel a besoin de lumières, d'individus éclairés par des savoirs enrichissants et positifs pour notre futur. La période est propice à la formation à distance : envisagez un projet de formation qui vous passionnera, si votre situation professionnelle n'est pas au beau fixe ? Quel rapport avec l'objet livre ? Apprendre aiguise l'envie d'apprendre et d'ouvrir un livre. Essayez ?

📚 Ô toi le Livre, tu ne seras pas détrôné par le e-book

Le livre, l'objet livre, crée une multitude d'émotions que le livre numérique n'est pas capable de générer. Enfin, pas pour l'instant du moins.

Le livre a une odeur

Lorsque je prends un livre, une des choses que je fais en premier, c'est de le respirer. Ça ne sent pas très bon. Mais ça ne sent pas mauvais non plus. C'est un peu comme le goût de la rhubarbe. Comparaison tout à fait personnelle. Et une odeur, ça nous renvoie à un souvenir. Visuel, olfactif, auditif, etc. Le livre, on va l'aimer aussi pour cette odeur. Tout objet ou action qui nous prive de nos sens - que sont le toucher, le goût et l'odorat - nous déshumanise quelque part. C'est pour cette raison que je réfléchis toujours au comment rendre les actions à distance humanisantes. Je conçois fort bien que, sans me connaître et en lisant ces lignes, on peut penser que, justement, j'ai eu un accident de livre trop lourd 😁 Mais depuis le temps que je côtoie le www 8️⃣ et utilise les outils numériques (les années 90, ça commence à faire un petit parcours ...) j'ai pu vivre ses différentes évolutions : découvertes, euphories des débuts, utilisations anarchiques, débordements, exagérations, opportunités pour certaines idées voire comportements qui ne seraient pas arrivés sans le web. Je me reprends : le web a favorisé leur propagation. Besoin, grand besoin de tout structurer sans non plus aller dans les excès inverses. Tim Berners-Lee a dit un jour "j'ai inventé le Web, mais vous tous avez contribué à en faire ce qu'il est aujourd'hui". Il est gentil, Tim. Quand j'ai commencé à demander à Lycos d'aller chercher, je n'ai pas vraiment l'impression que l'on m'ait confié un mode d'emploi. Mon métier n'est pas de le promouvoir, ce web. Mon métier, une partie de ses multiples actions, est d'apporter une aide en connaissance de cause. Même si je suis la première à m'y plonger. Parce que, oui, aussi, quand même, c'est une super chouette invention ce nouveau monde (plus vraiment nouveau) lorsque l'on s'y balade avec l'âme positive. Et que l'on fait tout pour ne pas être un produit. Aussi. Mais revenons à notre mouton : le livre a donc une odeur et rien que ce fait le rend unique et désirable.

Le livre, c'est joli

On peut faire une belle bibliothèque, en le regroupant avec tous ses copains. Il peut être à l'origine d'une table de salon que vos invités vous jalouseront. Il décore aussi parfaitement les toilettes, ce lieu qui est parfois le grand oublié niveau déco. Encore ? ! 🤨 Mais oui, mais oui 😉 mon idée d'article m'a été inspirée en re-re-re-lisant quelques pages de Psychanalyse des contes de fées 9️⃣ aux toilettes 🤔

Le livre nous lie

Et oui, c'est peut-être banal à écrire mais n'oublions pas que le livre crée du lien social. On va à la bibliothèque municipale, chez le libraire, à la ressourcerie du coin … On organise une après-midi lecture à la maison, il envahit nos cartables un certain temps, on peut le perdre de vue, par réaction, mais on le retrouvera, un jour … On l'utilise aussi comme projectile lorsque l'on n'a plus d'argument à lancer à notre cher et tendre. Je plaisante 🥳 On se le prête, on le perd, on le retrouve, on l'offre à Noël, on le reçoit comme récompense … Le livre, c'est aussi le petit cadeau "ça ira bien" quand on ne connaît pas les goûts de la personne. Le livre, c'est l'objet du quotidien pour certains d'entre nous.

Le livre serait-il la panacée ?  😱  Presque  😁


Il n'y a qu'à filmer un livre qui brûle pour le faire aimer.


En prononçant cette phrase au cours de sa conférence de presse, à Venise, François Truffaut a exprimé la raison profonde qui l'a poussé, contre vents et marées, à tourner Fahrenheit 451. Tous les livres que l'on brûle dans Fahrenheit 451 sont des livres que Truffaut aime (il a même glissé dans un des autodafés un vieux numéro des Cahiers du cinéma). Mais peu importent les titres, car :

Chaque fois qu'un livre est interdit, censuré, détruit quelque part sur la terre, ce livre devient respectable, puisque c'est un peu de la liberté et de la dignité des hommes qui se trouvent anéanties avec lui 🔟

Actuellement, et c'est l'origine même de cet article (les toilettes, c'était mon côté « ça fait rire les oiseaux, ça fait chanter les abeilles » ; bon, en même temps, c'était vrai), le livre est bâillonné dans ces lieux que je n'ai pas nommé (les supermarchés …), le livre est enfermé avec ses passeurs de mots et d'idées que sont les libraires, la noble profession que voici, qui proposent (quand ils le peuvent et avec quelles conséquences) du Click and Collect pour un « produit » devenu finalement non-essentiel ?

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Par cet acte nourrissant qu'est la lecture, par cet objet du savoir qu'est le livre, par son action qui est aussi de développer l'esprit critique, par ce symbole d'émancipation et de liberté, nous ne pouvons estimer et laisser estimer que le livre n'est pas un produit essentiel à notre Moi et notre Nous (si, si, il existe) et à son futur. Et que la science-fiction continue à l'être : une fiction.

Pour terminer sur une note légère (parfois, en écrivant, je me plombe le moral toute seule), j'ai pensé à ce livre que nous avons, pour la plupart, lu et vu et dont nous avons fredonné quelques chansons.

Parce que oui, mince alors :

1️⃣     L'incendie à Rio

2️⃣     Fahrenheit 451 - Truffaut

3️⃣     Fahrenheit 451 - Bahrani

4️⃣     Qui est Ray Bradbury ?

5️⃣     For me, formidable

6️⃣     Jean-François Dartigues

7️⃣     Ma formation