smartphones, une enquête anthropologique


- Part One -

Chouette, j'ai reçu le livre


⏭️  lecture in progress  ⏮️


- Part Two -

Chouette, j'ai retrouvé le livre


" Le sac à main des femmes est une véritable boîte à outils, comme en trimbalent les plombiers. Et toute la journée, dès qu'elles ont un moment, elles réparent." Une citation de Jean Cau, secrétaire de Jean-Paul Sartre. C'est dans l'une de mes boîtes à outils que j'ai enfin retrouvé le livre "Smartphones" que j'avais soigneusement rangé pour pouvoir le lire lors d'une sortie. Tellement bien rangé, que je ne savais plus où il se cachait. Un temps. Enfin retrouvé, enfin lu. Voici ma succincte présentation qui vous donnera l'envie, je l'espère, et suivant vos centres d'intérêt, de le découvrir à votre tour.


Une préface (du latin præ : avant et fari : parler) est, en littérature, un texte d'introduction et de présentation. Placée en tête d'un livre, elle en fait connaître les vues, le plan, prévient des objections, répond à des critiques ou encore donne une idée sur le message que veut transmettre l'auteur à travers ce livre. Une préface bien assaisonnée sert à donner de l'appétit et dispose à dévorer l'ouvrage. Pour ma part, elle fut une lecture apéritive. La voici dans son intégralité, sous forme de pages du livre numérisées :

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Une préface de Dominique Cardon dont j'ai présenté l'un des ouvrages dans un billet précédent.


Qui est Nicolas Nova ? C'est un professeur associé à la Haute École d'Art et de Design où il enseigne et mène des recherches sur l'anthropologie des techniques, l'ethnographie appliquée au design et les enjeux contemporains du numérique. Il est également cofondateur du Near Future Laboratory, une agence de prospective. Entretien avec Nicolas Nova.


Le sommaire du livre "Smartphones"


LAISSE - les enjeux de l'usage compulsif.

Décrit par certains usagers comme une "laisse" ou un "fil à la patte", le smartphone est en effet devenu un objet incontournable de notre vie quotidienne (...)

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Un exemple de visuels (ici, photographies prises sur le vif) accompagnés d'annotations

que l'on retrouve au fil des pages.


MIROIR - de la compréhension de soi à l'assistance.

De l'appareil photo au podomètre, en passant par l'accumulation de toutes sortes de contenus numériques, le smartphone collecte, enregistre et traite de multiples données. Celles-ci permettent d'obtenir diverses représentations du comportement de leurs possesseurs, qui le décrivent parfois comme un "miroir". Que signifient ces possibilités de mesure de soi ? Quels en sont les enjeux ? Et, au-delà de ceux-ci, est-ce que cette réflexivité ne dériverait pas progressivement vers une logique d'assistance ?

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L'alternance de témoignages, études, analyses, questionnements et visuels (photos, croquis, tableaux ...)

rend la lecture de l'enquête aérée et facilité. Ce qui permet aussi des entrées variées.


CONCLUSION - le smartphone, un objet signal.

Comme je l'ai écrit à maintes reprises sur ce blog, mon objectif est de donner l'envie de se procurer le livre et non de présenter un résumé exhaustif. De fait, je n'évoque pas ici toutes les différentes gammes de fonctionnalités abordées par Nicolas Nova dans son enquête (laisse, prothèse, miroir, etc.) et son regard finalement objectivement positif ( 1 ) sur cette « interface incroyablement plastique avec le monde. » Je laisse les éventuels intéressés les découvrir par eux-mêmes. Je terminerai toutefois ce billet par la toute dernière partie de la conclusion du livre : le smartphone, un objet signal.

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( 1 ) Regard positif dans le sens qu'il ne le diabolise pas. Bien au contraire, il ouvre la porte vers des possibles. À ce propos, Nicolas met à l'honneur les petites échoppes qui souvent ne paient pas de mine, où on apprend comment mieux utiliser son appareil, comment l’optimiser, comment prendre soin de sa batterie par exemple. "C’est une sorte d’éducation populaire de la rue." Et cela me sied qu'il emploie ce terme  : les "bons" usages et pensées relatifs au "numérique" ne peuvent passer que par une action collective. Chacun de nous a la capacité - oserais-je écrire le devoir - de réfléchir à ses propres usages et d'accepter, refuser voire trouver des alternatives à certaines injonctions ou réalités qui ne le sont finalement que dans la conscience collective. Je fais notamment allusion à la pensée et oeuvre de Jean Baudrillard.

 

Nicolas Nova a écrit son livre avant le confinement. Il rajoutera ceci :  "je pense que cet épisode nous a confirmé qu’il était un peu vain d’opposer réalité et virtualité. Cette vision binaire n’a vraiment plus lieu d’être." Et aussi " C’est un peu réducteur de considérer que le numérique transforme les gens en crétins. Il s’agit plutôt d’une phase où les sociabilités, les manières d’être dans le monde se trouvent chamboulées. Il s’agit d’un apprentissage, un processus marqué par moments par une certaine frénésie. On a le droit à l’erreur ! Toute la difficulté est de pouvoir alterner entre une attention profonde, comme la lecture longue, et des moments de concentration fragmentée avec un objet comme le smartphone. Ce dernier n’incarne pas seulement une forme de repli sur soi. Les relations en ligne ne se substituent pas aux échanges en dehors. Toutefois, il ne faut pas négliger l’importance des algorithmes qui forment des bulles de filtrage."


À bientôt pour une nouvelle lecture tirée de mon sac ?